Avec The Truth Is Not Your Enemy, The Gilhoolys signent un album profondément ancré dans son temps, à la fois lucide, engagé et viscéralement humain. Enregistré à Main St Studios à Glasgow sous la houlette du producteur Andy Anderson, ce nouveau disque s’inscrit dans une tradition alternative-rock où la chanson raconte, questionne et résiste.
Dès les premières notes, l’album affiche son ambition : refuser l’indifférence et observer de front les failles contemporaines. Les influences sont assumées — Manic Street Preachers, David Bowie, Foo Fighters — mais jamais écrasantes. Elles nourrissent un son dense, texturé, porté par une production punchy et une écriture sincère.
Le titre “Little Glasgow Boy” s’impose comme un moment clé. Hymne intime à l’enfance et à la mémoire ouvrière, il capture l’âme de Glasgow à travers des guitares indie chaleureuses, des hooks vocaux accrocheurs et une sensibilité qui évoque The Smiths. À l’opposé, la chanson titre “The Truth Is Not Your Enemy” explore le narcissisme moderne et la lente évaporation de l’humanité, appelant l’auditeur à ne pas accepter ce glissement moral silencieux.
“Parasitic Stereotypic” joue sur des dynamiques intenses, alternant tensions et montées émotionnelles dans un esprit très 90s, tandis que “Perdition” apporte une respiration folk, portée par de belles lignes de guitare et une mélodie réconfortante.
Oscillant entre mélancolie et rage contenue, The Truth Is Not Your Enemy est un album de passion, de conscience et de refus, qui rappelle que le rock peut encore être un espace de résistance et de vérité.

