Avec « Lettres sous la pluie », Leyla Romanova livre une chronique sentimentale qui s’inscrit naturellement dans la grande tradition de la chanson française, tout en y apposant sa signature contemporaine. Connue pour naviguer avec aisance entre les esthétiques, la compositrice multigenre poursuit ici un parcours déjà marqué par une reconnaissance internationale et une rare capacité à changer de langage musical sans jamais perdre en cohérence.
Cette nouvelle chanson se présente comme une lettre ouverte à Paris. Une ville observée à hauteur d’âme, où chaque détail devient porteur d’émotion : les pavés brillants après l’averse, la lumière tremblante des réverbères, un accordéon solitaire qui s’échappe d’un bistrot encore éveillé. Leyla Romanova ne décrit pas Paris, elle le laisse respirer, comme un personnage silencieux qui accompagne les élans et les renoncements.
La force de « Lettres sous la pluie » réside dans cette capacité à transformer l’instant en souvenir universel. La chanson évoque ces amours intenses, souvent inachevées, que l’on laisse derrière soi avec une ville, une époque, une musique. Vocalement, l’interprétation se distingue par sa douceur maîtrisée : une voix posée, nuancée, qui suggère plus qu’elle n’impose, et qui rappelle l’élégance mélancolique des grandes figures de la chanson française, sans jamais tomber dans l’imitation.
Musicalement, les arrangements privilégient la sobriété et la respiration. Chaque note semble pensée pour laisser de l’espace au silence, à l’émotion brute. Cette retenue donne au morceau une profondeur particulière, presque cinématographique.
Avec « Lettres sous la pluie », Leyla Romanova signe une chronique intime et délicate, capable de réveiller chez l’auditeur un souvenir enfoui. Une chanson qui ne raconte pas seulement Paris, mais ce que l’on y a aimé, perdu, et parfois laissé sous la pluie.

