Quand BigDenBoo dévoile Lostblood, c’est d’abord un geste intime, une plongée sans concession dans un univers sonore façonné par une passion de toujours pour les synthétiseurs et une quête d’équilibre entre électronique et orchestral. Né des influences qui vont du Juno 106 au DX7 en passant par des climats progressifs et cinématographiques, cet album de Denis Bourez se vit comme un récit — plus qu’une simple succession de pistes, une traversée.
Lostblood assemble une série de pièces qui respirent d’une créativité fluide et tamisée. Dès notre première écoute du projet, The Village qui est la cinquième piste, s’impose comme un des morceaux phares : ses nappes synthétiques élégantes et sa progression mélodique, son côté familier, des sonorités à fort potentiel commercial qui vous emportent et ne vous lâchent plus.
Dans Lienwood, les textures se densifient, et l’auditeur se retrouve enveloppé dans une trame qui oscille entre nostalgie et modernité, un peu comme si une bande‑son de film retrouvé résonnait dans un rêve éveillé. Meeting Adil déroule pour sa part une atmosphère plus introspective, jouant subtilement des silences et des éclats, tandis que Leaving semble encapsuler une sensation de départ, de perte douce‑amère.
Ce qui frappe tout au long de Lostblood, c’est cette capacité à mêler sensibilité orchestrale et puissance électronique sans jamais sacrifier l’une au profit de l’autre. Brothers illustre cette alchimie avec une justesse rare : une composition qui pulse autant qu’elle émeut.
Au final, BigDenBoo signe avec Lostblood une œuvre qui se vit autant qu’elle s’écoute : riche en contrastes, mouvante, et surtout profondément humaine — un paysage sonore où l’on se perd pour mieux se retrouver.

