Dès les premières mesures de “LOVE”, S.C.A.B. installe une atmosphère chargée d’élan et de douceur, comme si chaque accord cherchait à saisir un fragment de vie laissé en suspens. Le groupe new-yorkais, connu pour sa pop jangle nerveuse, laisse cette fois entrer une vague de shoegaze qui enveloppe le morceau d’une brume vibrante. Cette fusion apporte une maturité particulière à leur écriture : les guitares scintillent, les textures se superposent, et quelque chose de profondément humain en ressort.
La force de ce titre réside dans son propos. “LOVE” n’est pas une déclaration romantique classique : c’est une lettre ouverte à New York, à la famille, aux recommencements. Sean Camargo chante comme on confie un secret — un rappel à soi-même de ce qui mérite d’être protégé lorsque tout vacille. Il y évoque les rôles qu’on endosse, les illusions qu’on traverse, et ces instants minuscules qui, paradoxalement, donnent sens à l’ensemble.
Le clip tourné par Sampson Dahl prolonge ce geste intime. Filmer une laverie en plan-séquence, sur une pellicule rêche, crée un petit théâtre du quotidien où la fantaisie affleure. Tout semble fabriqué à la main, presque bricolé, comme si la mémoire elle-même se recomposait sous nos yeux.
Avec “LOVE”, S.C.A.B. livre un morceau qui respire la sincérité. Une chanson qui rappelle que l’amour — sous toutes ses formes — demeure un fil conducteur, même dans le tumulte. Un prélude prometteur à leur album Somebody In New York Loves You! prévu en novembre.

