Avec « Regress », Lucas Geddes signe une œuvre qui lui ressemble : libre, hybride et profondément personnelle. L’artiste s’est chargé de tout — de l’écriture à la production — et cela se ressent dans chaque détail, comme si chaque note avait été sculptée à la main.
Dès les premières mesures, le morceau surprend. Les accords jazzy enveloppent l’espace, portés par une section rythmique aux accents néo-soul. Des synthés modernes viennent ajouter une tension subtile, tandis que des guitares au parfum country se glissent avec élégance, comme une respiration. Ce mélange pourrait sembler improbable, mais chez Geddes, il devient cohérent, presque évident.
Au-delà de l’habillage sonore, « Regress » interroge le dialogue intime que l’on entretient avec soi-même. La voix intérieure, souvent trop dure, s’adresse en réalité à une version plus jeune et fragile de nous, en quête de réconfort et de reconnaissance. L’artiste transforme ainsi une réflexion psychologique en expérience musicale, portée par une basse sombre qui enfle jusqu’à une libération finale, quasi cinématographique.
Lucas Geddes s’impose ici comme un explorateur sonore et émotionnel, capable de faire dialoguer les genres comme les états d’âme. « Regress » n’est pas seulement une chanson, c’est une traversée : celle d’une voix intérieure qui, au fil de la musique, apprend à s’adoucir.

