Dans un paysage pop indé où l’émotion brute devient instrument autant que mélodie, Lucy Frost signe un nouveau jalon artistique avec Prescription, un single qui résonne comme une confession intime et contagieuse. Disponible depuis fin janvier, ce morceau précède son prochain album et installe d’emblée une atmosphère singulière — celle d’un cœur pris dans ses propres contradictions.
Ce qui frappe d’emblée, c’est l’audace d’une narratrice qui compare l’amour à une « prescription » : un remède aussi irrésistible qu’il peut devenir poison. Dans des couplets délicatement ciselés, Frost évoque une relation cyclique, addictive et impossible à nier, où le besoin de revenir en arrière rivalise avec la volonté de guérir. Son écriture, au lyrisme aigu, met en scène cette tension intérieure avec une sincérité désarmante.
Musicalement, Prescription évolue entre des textures de pop synthétique tendue et des arpèges de guitare plus doux, créant un paysage sonore qui reflète parfaitement l’anxiété et la libération que la chanson cherche à exprimer. La progression harmonique, presque cinématique, laisse lentement place à une libération cathartique, comme si la musique elle‑même expirait avec la protagoniste.
L’interprétation vocale de Frost, à la fois vulnérable et résolue, confère à Prescription une dimension profondément humaine : ce n’est pas seulement une chanson sur l’amour, mais une exploration de ses paradoxes les plus chers — guérison ou dépendance ? Dans ce premier extrait, l’artiste nous invite à sentir plutôt qu’à analyser, transformant chaque écoute en une sorte de miroir émotionnel.
Verdict : une pièce bouleversante, à la fois intime et universelle, qui confirme Lucy Frost comme une voix à suivre dans la pop contemporaine.

