Il est des artistes qui capturent l’essence d’un lieu pour la transformer en onde sonore. Manu El Chino, figure de proue des nuits corses, est de cette race de selectors. Derrière les platines du mythique B52 à Bonifacio, celui que l’on suit désormais aussi sous l’alias MROSSI a su imposer une signature où le chic flirte avec l’organique.
Son actualité récente est marquée par une teinte particulière : le bleu. Avec son édit remarqué de Soleil Bleu, Manu El Chino ne se contente pas de retravailler un morceau ; il sculpte une atmosphère. On y retrouve cette science du groove, un Nu-Disco léché qui s’étire comme une fin d’été sur les falaises calcaires. C’est là toute sa force : marier l’élégance froide des synthétiseurs modernes à la chaleur nostalgique des mélodies françaises.
Sa discographie, jalonnée de pépites sur des labels comme Sports Audio Tools, révèle un boulimique de travail. Qu’il s’agisse de redonner du souffle à des classiques de France Gall ou de s’aventurer dans une Deep House hypnotique, l’artiste conserve un sens inné de la narration. Ses sets sont des voyages, des chroniques solaires où chaque kick semble appeler la mer. À une époque où la musique électronique se perd parfois dans une efficacité clinique, Manu El Chino rappelle que le mix est avant tout une affaire d’âme et de paysage. Une écoute indispensable pour prolonger l’azur, bien après le coucher du soleil.

