Avec Mes chouchous, mes amours, Demoustiez signe une conclusion tout en retenue à sa trilogie autobiographique, après Le Silence et La Dame en Bleu. Là où les premiers chapitres exploraient l’isolement, la lutte intérieure et l’éveil personnel, cette nouvelle chanson choisit un autre tempo : celui de la reconnaissance et de l’attachement discret, presque pudique.
Le titre donne immédiatement la clé de lecture. “Chouchou”, terme affectueux partagé entre la France et la Belgique, porte en lui une chaleur familière, une gratitude qui ne s’explique pas mais se ressent. Le morceau s’adresse à deux femmes qui ont accompagné l’artiste à son arrivée en France, présentes jusque dans les moments les plus concrets de la survie quotidienne. Plus qu’un récit, la chanson agit comme un geste : un remerciement mis en musique, pensé comme un cadeau de Noël. La chanson est portée par une instrumentation riche, une construction impeccable, grandiose, sans aucun doute la pause musicale de votre journée.
Sur le plan de l’écriture, Demoustiez évite le pathos. La structure bilingue joue un rôle essentiel : l’anglais ouvre le récit et lui donne une portée universelle, tandis que le français resserre l’émotion, notamment dans un refrain qui agit comme un refuge. La chanson se clôt sur un vœu simple, presque fraternel, adressé à tous.
La voix de Demoustiez reste au centre du dispositif. Chaleureuse, exposée, elle navigue entre l’exigence du bel canto et la sincérité du pop-rock contemporain. Entre chanson, pop cinématographique et ballade intime, Mes chouchous, mes amours célèbre une forme d’amour souvent négligée : celui de l’amitié qui sauve, silencieusement, quand tout le reste s’effondre.

