Avec “Haters”, MoreTrue signe un retour qui dépasse largement le simple exercice de style. Le thème pourrait sembler attendu, tant la figure du détracteur est devenue un cliché dans la culture populaire. Pourtant, le groupe choisit une approche plus fine, presque empathique, en explorant les racines possibles de cette hostilité. Derrière la colère projetée, il est question de solitude, de peur, de blessures mal cicatrisées et d’un sentiment d’injustice face au monde. Une lecture qui n’excuse rien, mais qui cherche à comprendre, donnant à la chanson une profondeur rare et une portée humaine.
Sur le plan sonore, “Haters” s’inscrit dans ce rock hybride que MoreTrue affectionne, sans barrières entre énergie brute et élégance mélodique. Les influences pop et electro-pop s’y entremêlent naturellement, avec un léger parfum rétro qui rappelle parfois les textures des années 80. Le rythme moteur entraîne l’auditeur dès les premières mesures, porté par une basse distordue et des variations d’intensité qui installent une tension continue entre douceur feutrée et explosions sonores.
La dimension vocale joue un rôle central dans cette narration musicale. La voix, tantôt retenue comme un souffle, tantôt libérée dans des montées puissantes, accompagne les émotions du texte avec une grande précision. Chaque mot semble pesé, retravaillé, presque sculpté, ce qui renforce l’impact des paroles, capables de toucher, de troubler, voire de déranger.
Plus sérieux, plus profond et plus vrai que jamais, MoreTrue livre ici une chronique sonore qui interroge l’existentiel tout en restant accessible. “Haters” ne se contente pas de faire vibrer, il invite à la réflexion et à la remise en question, confirmant la maturité artistique du groupe et sa capacité à transformer un sujet universel en expérience musicale sincère et marquante.

