Avec Lanterna Magica, Night’s Bright Colors nous plonge dans un voyage sonore où l’introspection se mêle à une palette musicale riche en nuances. Jason Smith et Kevin Boggs, maîtres d’un indie-pop raffiné, livrent un album à la fois dense et accessible, traversé par des éclats de lumière et des ombres fugaces.
Dès les premières notes de Woke Up, le ton est donné : des guitares grunge et une atmosphère tendue viennent bousculer l’auditeur, tranchant avec le style habituellement plus aérien du groupe. Puis, progressivement, la tension s’apaise. As Y Approaches Infinity et The Grand Society déploient des paysages sonores plus limpides, flirtant avec une pop orchestrale subtilement ouvragée.
Chaque titre semble receler un mystère, un jeu d’ombres et de reflets. The Trivial Pursuit of Happiness séduit par sa légèreté apparente, masquant une réflexion plus profonde sur le vide et l’absurde. Slow Wave s’amuse avec son propre texte, dissimulant un message caché dans l’initiale de chaque vers, tandis que Parlor Games revisite avec malice la fable de l’araignée et de la mouche.
Mais au-delà des énigmes disséminées au fil des morceaux, l’album s’illustre par son équilibre délicat entre mélancolie et espoir. Eastern Thought incarne cette dynamique avec ses guitares électriques incisives et sa montée en puissance irrésistible. Map to You vient ensuite réinjecter une énergie solaire, avec un rythme dansant et une mélodie entraînante. Enfin, Spring Tomorrow referme cette odyssée avec un souffle poétique, entre dissonance maîtrisée et douceur rêveuse.
Avec Lanterna Magica, Night’s Bright Colors compose une œuvre vibrante et immersive, où chaque note éclaire un pan du monde intérieur. Un album à la fois profond et enivrant, qui accompagne autant les songes solitaires que les errances nocturnes.

