Plus qu’un successeur à l’album iNODE, le nouvel opus de NUDNIK, Under The Underground, s’impose comme une œuvre cinématique d’une rare intensité. Derrière ce projet rock alternatif basé à Las Vegas se cache Robert Marc Lieblein, qui façonne un univers sonore profondément personnel. Ce voyage de treize titres se présente comme une descente dans un monde intérieur, explorant les méandres de l’identité et la recherche de sens sous le vernis de la vie moderne.
L’album navigue avec une justesse désarmante entre isolement et mémoire. Entre textures de guitares hypnotiques et arrangements atmosphériques, l’œuvre oscille entre l’introspection feutrée et la puissance de l’art rock. Le titre phare, Every Second Counts, illustre parfaitement ce rapport fragile au temps : portée par un rythme pulsé et le refrain entêtant « tick tock ticking clock », la chanson capture l’urgence d’une existence qui semble toujours s’échapper plus vite que prévu.
À l’opposé, le morceau Pillow injecte une énergie alternative brute au cœur du disque. Avec ses guitares tranchantes et un pont dynamique rappelant Jane’s Addiction, la piste offre un contraste saisissant en délivrant un message de vulnérabilité. « Rest your soul on my pillow » devient alors un cri de réconfort universel, une main tendue offrant un havre de paix face au poids parfois écrasant de notre quotidien.
Puisant chez Bowie, Radiohead ou The National, NUDNIK transforme ses réflexions en une expérience sonore envoûtante. En 56 minutes, Lieblein réussit le pari de transmuter l’ombre souterraine en une lumière résiliente. Un périple dont on ne ressort pas indemne, mais indéniablement apaisé par une sincérité aussi brute que cinématographique.

