L’urgence s’invite dès les premières secondes de Skyscrapers Soaring, Yet We’re Drowning, nouveau titre de Poor Bambi. Troisième single et morceau éponyme d’un premier album attendu début février, la chanson s’impose comme une déclaration noise rock sombre et abrasive, portée par une tension permanente. Le groupe y explore sans détour les ressorts de l’ambition, de la cupidité et de cette quête incessante qui laisse parfois plus de naufragés que de vainqueurs.
Les voix, acérées et presque venimeuses, captent immédiatement l’attention. Le chant se fait incisif, frontal, donnant au texte une dimension viscérale qui dépasse la simple interprétation. Chaque inflexion semble appuyer le propos, installer une forme de confrontation avec l’auditeur, comme une invitation à regarder en face les dérives d’un système qui pousse toujours plus haut, sans jamais ralentir.
La basse, lourde et obsédante, agit comme une colonne vertébrale hypnotique, maintenant une pression constante tout au long du morceau. La construction musicale entretient un climat de tension maîtrisée, où le refrain, fidèle à l’image du titre, oppose l’élévation de certains à l’asphyxie des autres. Le pont, plus sombre, accentue cette impression de fatalité, ajoutant une profondeur émotionnelle bienvenue.
Avec ce titre, Poor Bambi affirme une identité sonore déjà marquée, capable de conjuguer rugosité et précision. L’ensemble dessine une fresque sonore intense, qui accroche autant par son énergie brute que par la force expressive de son interprétation. Une pièce qui confirme la capacité du groupe à transformer la nervosité en matière vivante, et à inscrire son univers dans une dynamique résolument percutante.

