Sous son alias Bird, la violoncelliste Janie Price vient de livrer une pièce d’une intensité rare : The Boy and The Swan. Plus qu’une simple ballade folk, ce titre s’impose comme une chronique poignante de la résilience humaine, née d’une rencontre fortuite avec le jeune artiste belge Aqua Riyaz.
À l’origine, Janie n’écrivait pas pour elle. « J’avais l’esquisse d’une idée dans un carnet », confie-t-elle. En écoutant le récit de jeunesse de Riyaz, les mots ont trouvé leur ancrage. Si le morceau semble intime, sa portée est universelle. À travers la métaphore du cygne perdant ses plumes, Bird dépeint le cycle du traumatisme et du harcèlement. Elle dépasse le cadre individuel pour pointer du doigt un monde où des communautés entières s’oppriment, rendant le texte d’une actualité brûlante.
L’aspect organique du projet se prolonge dans un clip tourné sur les rives danoises. Bird y collabore avec l’artiste queer Jørgen Callesen (Miss Fish), figure de proue du collectif Warehouse 9 à Copenhague. En intégrant cet activiste LGBTQ+, Janie Price souligne l’importance des espaces sécurisés pour les voix marginalisées.
Musicalement, les cordes cinématographiques soutiennent une voix habitée, transformant la mélancolie en un hymne de solidarité. The Boy and The Swan ne se contente pas de raconter une blessure ; il célèbre ceux qui, malgré la violence, tentent de retrouver leur éclat. Une œuvre nécessaire, sombre et lumineuse à la fois, qui confirme la finesse artistique de Janie Price.

