Le décor s’ouvre comme une scène saturée de néons : Tears Are Just Glitter arrive en assumant une esthétique où la pop se vit autant qu’elle se raconte. Le duo suédois formé par Gustav Jonsson et Fredrik Berger — deux artisans de la pop mondiale ayant façonné des refrains pour Zara Larsson, Icona Pop ou Charli XCX — façonne un projet intrigant, presque narratif. Au centre, un personnage nommé Gary, héros fictif dont la vie se déroule comme un feuilleton numérique, quelque part entre Gorillaz et une carte postale venue de 1985.
Avec “80’s Kind of Sad”, le projet se présente dans toute son ambition : raviver une époque où la mélancolie ne s’effondrait pas, elle brillait. Le morceau s’appuie sur des synthés diaphanes, des drum machines délicatement rétro et une voix masculine qui porte la tristesse avec une élégance presque insolente. On y perçoit cette douceur nostalgique, comme si chaque émotion était passée par un filtre rose électrique.
Le texte raconte un chagrin d’amour à la manière des années 80 : on se donne le droit de s’effondrer dans un lit couvert de pots de glace, on chante avec les ballades à la radio, non seulement pour se consoler mais parce que la scène elle-même est cinématographique. Gary résume cette philosophie d’une formule qui claque : « L’avantage d’une vie superficielle, c’est que le couteau du chagrin ne coupe jamais très profond. »
Ce premier single pose les bases d’un univers déjà captivant. Tears Are Just Glitter offre une mélancolie lumineuse, tendre et pleine d’autodérision — une invitation à replonger dans une époque où même les larmes avaient du style.

