Première écoute — voix délicate, nappes sombres, tension dramatique immédiate. Avec « Skeletons », ENAVE installe un univers où chaque note semble peser un peu plus qu’un murmure, et chaque silence porter un secret. Le morceau se déploie comme un film intérieur, tendu, fragile, et finalement cathartique : les textures enveloppantes servent de terreau à des émotions enfouies, et la voix — souvent fragile, presque chuchotée — ouvre une brèche dans la chair psychique.
Les paroles, brutales, tirent le rideau sur les méandres du subconscient. ENAVE évoque des blessures anciennes, des souvenirs verrouillés dans l’obscurité, des lèvres scellées — jusqu’au moment où tout se fissure. L’image des « squelettes » refait surface (bras, jambes, parfois même une tête) comme autant de fragments refoulés, d’ombres personnelles qu’on croyait enfouies pour toujours. Le titre ne joue pas les fantômes décoratifs — il force à regarder ce que l’on cache, à sentir ce que l’on tait.
Mais « Skeletons » ne se contente pas de noyer l’auditeur dans la douleur ; il promet une forme de renaissance. À travers la peur, à travers les éclats de vérité, il y a une promesse de libération — un exutoire salutaire. Ceux prêts à affronter leurs propres ténèbres y trouveront un miroir, un cri, une issue. À la fin du morceau, tout n’est pas forcément apaisé — mais quelque chose a changé.
ENAVE offre ici plus qu’une chanson — un rituel. Un exorcisme intime, viscéral. « Skeletons » est un passage. Pour qui ose l’emprunter, il y a la possibilité de recomposer les morceaux, de recoudre les plaies, de naître à nouveau.

