Trente ans après sa sortie dans l’Utah des années 90, l’album culte Definition s’offre aujourd’hui une seconde vie à l’échelle internationale. Dans cet entretien exclusif, James Shumway, claviériste et compositeur principal de la formation, revient sur la genèse de cette œuvre intemporelle portée par l’espoir. Entre secrets de studio, alchimie de groupe et hommages à ses anciens partenaires, plongez dans l’histoire d’une pépite musicale enfin révélée au monde.
1. « Definition » a marqué la scène musicale locale de l’Utah dans les années 90. Quel effet cela fait-il de voir cet album réédité aujourd’hui pour une diffusion mondiale ? Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus à l’idée de vous connecter avec un tout nouveau public international ?
R : C’est une sensation incroyable. Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est que les gens puissent se connecter émotionnellement à notre musique, car elle aborde des thèmes universels, peu importe l’endroit où l’on vit.
2. À l’époque, vous avez pris la décision unique d’enregistrer un album complet avant même d’avoir donné le moindre concert. Qu’est-ce qui vous a donné ce niveau de confiance et de certitude si particulier dans votre musique dès le départ ?
R : Mark et moi avions une grande confiance dans les chansons que nous écrivions, avant même de rencontrer Kerri. Nous sentions qu’elles avaient un potentiel immense. Lorsque Kerri nous a rejoints en tant que chanteuse et que nous avons entendu la magie qu’elle créait avec nos compositions, nous nous sommes tous dit : « Il faut absolument enregistrer ça ».
3. Le nom de votre groupe fait référence au paradis des bienheureux dans la mythologie grecque (les Champs Élysées). Comment ce concept de beauté et de paradis reflétait-il la direction musicale ou l’état d’esprit général du groupe à cette époque ?
R : Mon sentiment à l’époque était que ce nom était tout à fait approprié, car notre vision en tant que groupe était de créer un paradis musical pour nos auditeurs.
4. Vous avez enregistré l’album au Record Lab avec le célèbre producteur Cliff Maag, et c’est également là que vous avez trouvé votre section rythmique avec Jeff et Dale. Comment cet environnement de studio et cette collaboration ont-ils façonné l’identité sonore finale d’Elysian Fields ?
R : Cliff était très investi et impliqué dans le processus créatif. Il avait travaillé avec de grands noms comme Barbra Streisand et les Osmonds, et son expertise a été particulièrement précieuse pour combiner les meilleures parties de plusieurs prises et concevoir des chœurs de qualité. Il avait également développé son propre module d’égalisation appelé EQ3. C’était à la pointe de la technologie à l’époque, et c’est en grande partie grâce à cela que le son de l’album vieillit si bien aujourd’hui.
Dale, en plus de devenir par la suite le bassiste du groupe, était l’assistant de Cliff et a joué un rôle majeur dans la production sonore finale de l’album. Et Jeff était un batteur incroyable. Il a ajouté toutes sortes de breaks intéressants pour rendre les chansons encore meilleures.
5. Le cœur de votre musique se concentre sur des expériences profondément humaines : la poursuite des rêves, la découverte de l’amour, la tragédie de la perte et la connexion avec la nature. Avec le recul, comment la synergie d’écriture entre vous et Mark Roos, combinée à la voix puissante de Kerri Murray, a-t-elle donné vie à ces émotions intemporelles ?
R : Mark et moi étions sur la même longueur d’onde sur le plan créatif. We écrivions une musique qui se voulait habitée par l’émotion. J’écrivais les paroles, et j’essayais de concevoir des textes qui correspondaient à l’état émotionnel de chaque morceau. Et Kerri avait un style de chant très expressif. Elle ne se contentait pas de chanter des notes, elle vous faisait ressentir quelque chose au plus profond de votre âme.
6. La tendre ballade « Staying with You » est devenue un succès instantané auprès des fans, aux côtés de titres comme « Wings to Fly » et « Desert Sky ». Avez-vous des souvenirs ou des anecdotes particulières sur la façon dont l’un de ces morceaux favoris a été conçu en studio ?
R : Sur « Staying With You », nous avions mamie cinq prises vocales de Kerri, qui étaient toutes excellentes. Plutôt que d’en choisir une seule, Cliff a décidé de combiner les meilleures parties des cinq. C’était avant la démocratisation de l’enregistrement numérique, nous enregistrions donc sur de grosses bandes magnétiques, ce qui rendait l’assemblage fluide de différentes pistes particulièrement complexe.
C’était fascinant de voir Cliff travailler. Il avait le doigt sur le bouton et passait d’une piste à l’autre à une vitesse folle. J’étais assis là, témoin de la scène, conscient de voir un génie à l’œuvre.
7. Les critiques des années 90 soulignaient que vos concerts étaient tout aussi spectaculaires que l’album. Jeff était particulièrement connu pour sa remarquable capacité à chanter les chœurs tout en jouant de la batterie. Que vous rappelez-vous le plus de cette énergie sur scène lors de vos concerts en Utah en 1995 ?
R : Jeff était un partenaire incroyable pour les chœurs. Pour les concerts, nous l’avions équipé d’un micro serre-tête, et c’était incroyable de le voir chanter ses chœurs à la perfection sans jamais perdre le fil de son jeu de batterie.
Nous avions tous une excellente alchimie sur scène. Nous répétions énormément, alors quand nous montions sur scène, nous avions la certitude absolue que nous allions donner un bon spectacle.
8. En 1995, le Deseret News a salué votre album comme une « bouffée d’air frais » sur la scène musicale. Compte tenu de la domination massive du grunge et du rock alternatif au milieu des années 90, aviez-vous l’impression d’offrir quelque chose de délibérément différent aux auditeurs de cette époque ?
R : Nous allions clairement à contre-courant. Nous avions façonné le son du groupe avant que le mouvement alt-rock ne prenne totalement le dessus. Cela n’a pourtant en rien nui à nos opportunités. Les gens aiment les bonnes chansons, quel que soit leur genre musical.
9. Après le départ de Mark Roos au début de l’année 1996 et son remplacement par Kevin Weiss, le groupe s’est malheureusement dissous plus tard dans l’année. Pensez-vous que cette période de collaboration brève et éphémère a finalement fait de « Definition » une perle encore plus légendaire et incontournable pour les collectionneurs de musique ?
R : « Definition » est un album important parce qu’il a immortalisé un bref instant où un groupe de musiciens s’est réuni pour créer quelque chose de vraiment mémorable. Ce moment de grâce a été préservé à jamais, peu importe sa brièveté.
10. Si vous deviez choisir un seul sentiment ou message que vous aimeriez que les auditeurs de 2026 retiennent en découvrant « Definition » pour la toute première fois, quel serait-il ?
R : L’espoir. L’idée que, peu importe à quel point les choses vont mal, il faut travailler pour les améliorer, aussi difficile que cela puisse être. C’est un thème textuel très récurrent que l’on retrouve tout au long de l’album.
