Avec Cloud10, Ro Nova livre un morceau qui s’écoute comme une nuit entière condensée en quelques minutes. Dès les premières notes, le titre installe une atmosphère nocturne, électrique, presque irréelle, où l’euphorie semble à portée de main. La production, soignée et aérienne, accompagne une voix qui oscille constamment entre assurance et fragilité.
Cloud10 capte ce moment précis où tout paraît possible : l’adrénaline, la liberté provisoire, l’impression de flotter au-dessus du réel. Mais Ro Nova ne s’arrête pas à la simple exaltation. À mesure que le morceau avance, une autre émotion s’infiltre. Derrière la montée, la chute se dessine déjà. Le calme qui revient, le bruit qui s’éteint, et avec lui le poids des habitudes qui reprennent leur place.
La force du titre réside dans cette tension permanente entre lumière et ombre. La nuit y est à la fois refuge et piège, espace de connexion autant que cycle répétitif dont il est difficile de s’extraire. Ro Nova interroge subtilement cette quête du « buzz » : ces instants de grâce valent-ils vraiment le contrecoup qui suit ?
À la croisée de l’électro-pop et de l’introspection, Cloud10 s’impose comme un morceau aussi efficace qu’émotionnel. Une bande-son pour les moments où l’on se sent invincible — juste avant que tout ne commence à glisser.

