Certaines chansons murmurent avant d’exploser. Avec « TALK », SALYA choisit cette seconde voie — celle d’un frisson qui monte lentement le long de l’échine.
Française d’origine et désormais installée au Royaume‑Uni, la chanteuse s’impose dans le paysage indie‑alternative avec une écriture à fleur de peau. Co‑produit avec le Londonien Jules Apollinaire, collaborateur de Suki Waterhouse et Declan McKenna, « TALK » déploie des guitares aux accents surf 60’s et une percussion minimaliste, presque fragile. La production semble suspendue, volontairement légère, jusqu’à ce que le morceau atteigne son point de rupture.
Sous ses airs rêveurs, le titre capture une réalité contemporaine : l’épuisement social. Faire semblant d’être extravertie, sourire quand l’énergie manque, rester disponible quand on voudrait disparaître. SALYA transforme cette fatigue en matière sonore. La ballade initiale, douce et retenue, glisse progressivement vers une montée alt‑rock cathartique — comme un trop‑plein qui finit par se fissurer.
Sa voix, brute et détachée, refuse la performance au sens théâtral du terme. Elle affirme plutôt une vérité intime. Entre la mélancolie de Mazzy Star et l’aplomb incandescent de Karen O, SALYA impose une présence singulière.
Avec « TALK », elle ne cherche pas à remplir le silence. Elle l’habite — et c’est précisément là que tout commence.

