Serpico : le danger retrouvé du hard rock avec « Dressed in Flesh »

Avec Dressed in Flesh, Serpico revient à l’essence même du hard rock : le risque, la sueur et l’instinct. Le groupe finlandais n’a jamais cherché la facilité, mais il franchit ici un cap décisif en livrant un album frontal, rugueux et résolument vivant, à rebours d’une production rock contemporaine souvent trop polie, trop calculée.

Enregistré intégralement en analogique sur bande magnétique au Astia Studio, l’album a été capté sous la houlette d’Anssi Kippo, producteur réputé pour son travail avec des formations connues pour leur exigence sonore. Le parti pris est clair : jouer ensemble, en temps réel, sans retouches numériques ni artifices de postproduction. Ce choix confère au disque une chaleur organique rare, où chaque morceau semble respirer, vibrer et parfois vaciller, comme prêt à sortir des rails.

Dès les premières minutes, Dressed in Flesh impose un groove massif et une tension permanente. Hard as a Cannonball cogne sans détour, porté par une arrogance assumée et un sens du riff immédiat. Rock ’N’ Roll Is Not Dead agit comme une véritable profession de foi, rappelant que le rock n’est pas une formule figée, mais une attitude et une prise de risque. Plus nuancé, Sweet Rebel Darling dévoile une facette plus mélodique du groupe, sans jamais édulcorer son propos ni sacrifier la rugosité du son.

Plus qu’un simple nouvel album, Dressed in Flesh s’impose comme une déclaration d’intention. Serpico revendique l’imperfection humaine, le volume et le danger comme valeurs centrales. Un disque à écouter fort, sans filtre, qui rappelle que le hard rock, lorsqu’il est sincère, reste une musique de chair, de nerfs et de convictions.

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