Le projet électronique SHASAU revient avec une pièce audacieuse intitulée « Taurine », un morceau qui s’impose comme une respiration dans un paysage musical souvent saturé. Tirée de l’album Alicante, cette création minimaliste cultive une esthétique contemplative où chaque son semble pesé, pensé et placé avec une précision presque méditative.
Dès les premières secondes, « Taurine » installe une atmosphère suspendue : nappes aériennes, textures fines, rythmes discrets. SHASAU choisit la retenue plutôt que l’effet, l’espace plutôt que l’accumulation. Cette sobriété n’a rien de froid ; elle ouvre au contraire un champ intime, propice à la rêverie. La chanson trace un paysage sonore avant-gardiste, jouant sur des motifs qui se déploient lentement, comme si le temps lui-même s’étirait pour laisser place à une écoute plus attentive, plus intérieure.
Le clip qui accompagne le morceau prolonge cette sensation d’apesanteur. Entre art génératif et fabrication minutieuse, l’image semble se créer en temps réel tout en conservant une touche artisanale. Le résultat tient de l’expérience sensorielle : formes mouvantes, transitions douces, lumière en suspension. Une sorte de méditation audiovisuelle, conçue pour ralentir le rythme et inviter le spectateur à s’abandonner à l’instant. Et au détour d’une séquence, un chat apparaît brièvement, clin d’œil discret qui ramène une touche d’humanité dans cette abstraction hypnotique.
À une époque où les clips redoublent d’effets et de vitesse, « Taurine » se présente comme un antidote. Un moment de pause. Une échappée douce et rare qui rappelle que la musique peut encore offrir un refuge, un espace où le temps se dépose et où l’on respire enfin.

