Avec « Somersault », Mia Rose Brake signe une entrée en matière lumineuse et volontaire. Premier single de son EP à venir, le titre a été écrit alors qu’elle n’avait que quinze ans, à un âge où l’imaginaire déborde et où les émotions se vivent à plein volume. La chanson se construit autour d’une fantaisie adolescente assumée : celle d’une nuit passée à danser avec un crush de célébrité, loin des scénarios romantiques convenus.
Musicalement, Somersault joue la carte du mouvement. Un groove souple, presque swing, soutient une écriture mélodique généreuse, ponctuée d’harmonies amples qui évoquent autant le jazz que l’héritage pop flamboyant de Queen. La production laisse respirer la voix, expressive et mobile, capable de passer de la retenue à l’explosion avec une aisance déconcertante.
Mais réduire le morceau à son énergie dansante serait passer à côté de son propos. En filigrane, Mia Rose Brake esquisse les fragilités mentales de l’adolescence, ces turbulences intérieures souvent tues mais largement partagées. « Somersault » agit alors comme un instantané émotionnel, un souvenir figé qui, paradoxalement, continue de bouger à chaque écoute.
Ce premier titre fonctionne comme une carte de visite claire : sincérité, vitalité et sens du récit. Sans forcer le trait, l’artiste parvient à transformer une rêverie très personnelle en expérience collective. Une promesse solide pour la suite de son projet, et le signe d’une identité déjà affirmée. Un départ convaincant, porté par fraîcheur rare.

