Avec Somewhere In The World, Kareen Lomax signe une chanson qui ne cherche pas l’éclat immédiat, mais la résonance intime. Dès les premières notes, la voix s’impose comme le cœur battant du morceau, mise à nu, presque fragile, portée par une production R&B moderne aux nuances néo‑soul assumées. Aux commandes, Daoud — connu pour son travail auprès de SZA, J. Cole ou Kehlani — accompagne l’artiste sans jamais l’éclipser, laissant respirer chaque émotion.
Le titre s’articule autour de thèmes universels mais rarement abordés avec autant de douceur : le deuil, l’anxiété, l’attachement et cette peur sourde du futur qui accompagne souvent les périodes de transition. L’écriture, introspective sans être hermétique, donne l’impression de feuilleter un journal intime où chaque phrase cherche à apaiser plutôt qu’à impressionner.
Kareen Lomax ne livre pas un hymne triomphant, mais une chanson-refuge, pensée pour celles et ceux qui avancent encore avec leurs blessures. Chaque note, chaque respiration vocale, semble destinée à offrir un espace de consolation, un moment pour se reconnaître dans l’émotion d’une autre personne. Somewhere In The World devient alors une parenthèse où la vulnérabilité se transforme en force.
Enfin, le morceau rappelle que l’amour peut survivre à l’absence et que la présence émotionnelle ne disparaît jamais vraiment. Entre intimité acoustique et modernité R&B, la chanteuse livre une performance où sincérité et maîtrise artistique se conjuguent parfaitement. Une proposition sensible et durable, qui s’imprime doucement mais sûrement dans la mémoire de l’auditeur.

