Quand Aysha Loren dévoile Sweet Taboo, c’est comme un secret murmuré dans le creux de la nuit — sensuel, vulnérable, et chargé de tension. Dès les premières notes, la production installe un climat feutré : basses rondes, harmonies enveloppantes, voix chaude et souple d’Aysha, oscillant entre douceur et gravité. Le morceau joue la carte de la néo‑soul intime, abandonnant les repères roots de ses débuts pour explorer un territoire où désir et retenue s’entrechoquent.
Les paroles confessent un amour « interdit » — un lien irrésistible, même si la raison murmure le contraire. Mais ce n’est pas la provocation qui domine : c’est la sincérité d’un cœur tiraillé, conscient de l’interdit, mais incapable de résister à l’attraction. L’intensité émotive est réelle — ce tiraillement entre ce qu’on veut et ce qu’on devrait refuser.
« Sweet Taboo » apparaît ainsi comme une plongée dans cette zone grise où l’interdit flirte avec l’âme, un creuset d’émotions où la pulsion se teinte de mélancolie. Par la subtile alchimie entre néo‑soul moderne et storytelling intime, Aysha offre une chanson qui se vit autant qu’elle s’écoute — un instant suspendu, fragile, incandescent.
En dépassant les conventions, elle confirme sa capacité à évoluer — à quitter les rivages familiers du reggae pour sonder des territoires plus secrets, plus nocturnes. « Sweet Taboo » n’est pas seulement une chanson : c’est un voile posé sur l’âme, une confession voilée, un frisson partagé.

