Il est des morceaux qui ne cherchent pas à séduire, mais à murmurer. « Sunday », le nouveau titre du duo franco-suisse Swimming Pool, s’inscrit dans cette veine rare : celle des chansons qui ne s’imposent pas, mais s’infiltrent. Publié en prélude à leur premier EP Line Cuts, prévu pour le 15 août chez Fog & Co, ce single est une méditation sonore sur les gestes anodins que l’on répète pour se rassurer.
Dès les premières secondes, le climat est posé : textures lo-fi, contrebasse frottée aux accents spectrales, voix murmurée comme une confidence. Le morceau semble suspendu, comme un dimanche pluvieux où le temps s’étire. Les paroles — “Sunday / I’ll be waiting in the rain / Look for clovers in the rain / Drop my penny in the drain…” — évoquent des rituels absurdes, presque enfantins, que l’on répète pour conjurer le chaos. Mais ici, Swimming Pool les dépouille de leur magie, les expose dans leur nudité, et révèle leur vacuité douce.
Le travail de Klyl Shifroni sur les cordes est remarquable : improvisé, manipulé, filtré, il crée une matière sonore qui respire, craque, se dissout. Rien n’est figé, tout semble en mouvement, comme une mémoire qui vacille. Seraina Fässler, à l’électronique, tisse un canevas fragile, presque translucide, où chaque silence compte autant que chaque note.
Swimming Pool ne fait pas de pop à refrains. Ils font de la musique pour les interludes, pour les moments suspendus entre deux certitudes. « Sunday » est un morceau qui ne crie pas, mais qui reste. Une chanson qui observe nos manies, nos superstitions, et les transforme en poésie minimale.

