Avec FML2020, son tout premier single issu de l’EP à venir Invidia, Taifa Nia signe une entrée fracassante dans son univers le plus personnel. Originaire de l’East Bay et installé à San Francisco, l’artiste avait déjà exploré de multiples projets — OCD, Same Girls, Ricky Lake — mais jamais il n’avait livré quelque chose d’aussi viscéral, intime et direct.
Le morceau capture parfaitement ce moment étrange et suspendu de la pandémie : on croit voir la lumière au bout du tunnel, et soudain tout s’effondre. La musique est à l’image de ce basculement : guitares stoner-metal saturées, hurlements vocaux, riffs qui accrochent l’oreille, et pourtant une mélodie indéniablement captivante qui nous ramène toujours au cœur du morceau. On pense à l’énergie folle de Song 2 de Blur, mais plongée dans une chute émotionnelle constante, presque cathartique.
Ce qui frappe, c’est cette fin bouleversante : un message vocal réel de sa sœur, enregistrée après son test positif au COVID et son départ précipité d’un camp d’écriture que les deux espéraient rejoindre. L’insertion de ce moment profondément humain transforme la chanson en une capsule émotionnelle où le vécu personnel devient universel.
FML2020 n’est pas seulement un single. C’est un témoignage sonore de l’angoisse, de la colère et de l’absurde qu’a généré la pandémie. Taifa Nia, qui a collaboré avec Brontez Purnell et exploré plusieurs projets collectifs, signe ici un morceau à la fois brut et étonnamment mélodique, un premier aperçu prometteur de Invidia, son EP le plus intime à ce jour.
FML2020 frappe fort : c’est le cri d’une époque, filtré à travers la distorsion, l’urgence et une sensibilité rare.

