Avec Technicolour, Joya Mooi s’offre une nouvelle traversée sonore où l’intime se mêle à l’universel. Aux côtés du rappeur de Chicago Ric Wilson et du duo sud-africain Easy Freak, la chanteuse originaire d’Amsterdam signe une pièce où l’envie n’est plus réduite à une simple couleur, mais se décline en une multitude de teintes, parfois sombres, parfois lumineuses.
La production, portée par les textures indie-soul et les grooves ciselés d’Easy Freak, offre un écrin vibrant à la voix souple et aérienne de Joya Mooi. Elle y déploie une interprétation à la fois fragile et assurée, comme si chaque note cherchait à capturer cette oscillation entre admiration et comparaison. À ses côtés, Ric Wilson injecte une énergie incisive, ses flows rapides et malicieux venant contraster la délicatesse du chant, jusqu’à transformer le morceau en dialogue.
Mais au-delà de sa construction musicale, Technicolour s’impose par son propos. Il naît de cette impression que la vie des autres semble plus simple, plus libre, plus fluide que la nôtre. Plutôt que de dénoncer l’envie, Joya Mooi en explore les reliefs, rappelant qu’elle peut aussi être une clé pour mieux comprendre nos propres désirs.
Dansant et introspectif, Technicolour s’écoute comme un miroir en mouvement : il nous entraîne sur la piste tout en nous poussant à réfléchir sur ce que nous projetons chez les autres. Une œuvre à la fois légère et profonde, qui confirme la singularité de Joya Mooi dans le paysage indie R&B.

