Au détour des vents salés et des rivages escarpés de la Nouvelle-Angleterre est née une chanson qui semble contenir l’écho même de la mer : « The Maine Thing », dernier titre de Kevin Driscoll. L’auteur-compositeur de Jacksonville, Floride, y livre une ballade intime, presque dépouillée, qui surprend par sa clarté et son pouvoir d’apaisement dans un monde saturé de distractions.
Tout a commencé par un simple riff de guitare, trouvé par hasard lors d’une errance sur la côte du Maine. Ce fragment, baptisé d’abord « The Maine Thing » comme une note en suspens, a fini par devenir une chanson complète. Driscoll y assure voix et instrumentation, sauf un détail essentiel : le violon. Ce dernier, confié au virtuose argentin Damien Bolotin, enregistré à Buenos Aires, apporte une intensité qui transperce le morceau de bout en bout.
En studio, Richard Dudley a peaufiné l’enregistrement, avant que Jeremiah Johnson de Long Jump Records ne s’occupe du mixage et du mastering. Mais derrière cette technicité, ce qui frappe, c’est la patine émotionnelle du titre. L’ombre de Tom Waits, la finesse de Paul Simon, la profondeur de Bruce Cockburn planent sur ce travail, sans jamais effacer la signature de Driscoll.
Avec son mélange de banjo discret, de guitares évocatrices et d’arrangements minimalistes, « The Maine Thing » parvient à être à la fois rustique et cinématographique. Plus qu’un simple single, c’est une respiration, une invitation à ralentir, à retrouver l’essentiel. Dans le tumulte des sorties musicales, cette pièce résonne comme une halte nécessaire.

