Trust Tate : 10 Questions sur “Next Lifetime” et la vérité émotionnelle

À travers son nouveau single Next Lifetime, Trust Tate ouvre une page intime de son parcours artistique. Entre vulnérabilité assumée et quête d’authenticité, l’artiste livre une vision profondément humaine de la création musicale. En 10 questions, il revient sur ses blessures, ses inspirations et l’évolution de son identité sonore.

Votre nouveau single “Next Lifetime” marque un tournant dans votre parcours. Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous l’avez créé ?

J’ai fini par accepter le fait que, peu importe à quel point je l’aimais, elle avait déjà décidé que je n’étais pas la bonne personne pour elle. Cette prise de conscience m’a brisé. Mais j’ai appris que la douleur a cette capacité à se transformer en quelque chose de puissant ; il existe une forme de magie qui ne naît que du chagrin d’amour.

Le morceau explore l’idée que l’amour ne suffit pas toujours. Est-ce une prise de conscience personnelle ou une observation plus universelle ?

Cela a commencé comme quelque chose de personnel, mais j’ai réalisé que cela reflétait quelque chose de bien plus vaste. Il y a tellement d’amour dans le monde, mais tout autant d’obscurité. L’amour sans action, sans engagement, ne peut aller qu’un certain temps. C’est une expérience que beaucoup de gens vivent de différentes manières.

Il y a une forte tension entre la douceur de la production et l’intensité de votre interprétation. Comment avez-vous abordé cet équilibre en studio ?

J’explorais un nouvel univers sonore, donc je cherchais simplement une énergie différente pour moi-même. Je ne réfléchissais pas trop à l’intensité de mon interprétation, car elle venait naturellement du sujet. L’instrumentale elle-même a fait ressortir cette émotion en moi et a façonné ma manière d’interpréter.

Votre écriture semble très directe, presque sans filtre. À quel point est-il important pour vous de préserver cette honnêteté, même si cela signifie exposer des blessures profondes ?

C’est essentiel pour moi. Avec l’état actuel de la musique, souvent tournée vers le profit, l’IA, et les contenus TikTok conçus pour une consommation rapide, je défends fermement l’authenticité. De vraies émotions, de vraies expériences : c’est le seul type de musique que je crois digne d’être créé, même si cela signifie être vulnérable et ne pas en tirer d’argent.

Votre histoire personnelle a été marquée très tôt par un événement traumatique. Comment cette expérience influence-t-elle encore aujourd’hui votre identité artistique ?

J’ai été touché par une balle perdue à l’âge de sept mois lors d’une fusillade, donc ma vision du hip-hop a toujours été différente. Cette expérience, même si j’étais très jeune, a façonné ma manière de voir le monde. Je comprends les véritables conséquences de la violence et de l’imprudence, c’est pourquoi je choisis de créer une musique qui élève plutôt que d’alimenter ce cycle.

Votre son mélange hip-hop, synthpop et éléments atmosphériques. Comment définiriez-vous le “son Trust Tate” à ce stade de votre carrière ?

C’est une question difficile, car je suis encore en exploration. Être indépendant et concilier cela avec un emploi à temps plein me donne la liberté d’expérimenter sans limites, donc mon son reflète cette diversité. Il peut sembler évoluer dans différentes directions en ce moment, mais cela fait partie du processus. Je suis encore en train de découvrir ce qui le définit.

La production de Roxtar apporte une dimension aérienne au morceau. Comment cette collaboration est-elle née ?

Cela a commencé assez naturellement. J’étais sur YouTube à la recherche d’une instru dans le style de The Weeknd, et je suis tombé sur le travail de Roxtar. Son univers sonore correspondait parfaitement à l’atmosphère que je recherchais, et dès que j’ai entendu ce morceau, j’ai su immédiatement que c’était le bon.

Le thème du lâcher-prise traverse toute la chanson. “Next Lifetime” vous a-t-il aidé, d’une certaine manière, à tourner une page personnelle ?

Absolument. L’écriture est thérapeutique pour moi, comme une forme de libération. Enregistrer le morceau revient à déposer ces émotions, presque comme un enterrement de ce à quoi je m’accrochais. Une fois que c’est fait, je peux avancer. C’est aussi pour cela que je ne réécoute pas toujours beaucoup ma musique.

En tant qu’artiste, producteur et ingénieur du son, vous portez plusieurs casquettes. Comment ces différentes compétences influencent-elles votre processus créatif ?

J’ajoute même d’autres compétences maintenant, comme la vidéo et la photographie. Cela m’aide à communiquer plus clairement ma vision lorsque je collabore, et cela me donne une certaine indépendance au début. Mais en même temps, j’ai compris que vouloir tout faire soi-même peut être limitant, donc j’ai commencé à m’entourer d’autres créatifs pour élever le résultat final et rendre le processus plus durable.

Ce single semble marquer le début d’un nouveau chapitre. Quelle direction souhaitez-vous explorer ensuite dans votre évolution artistique ?

Je veux aller encore plus loin sur le plan émotionnel. Mon objectif est d’être aussi vulnérable que possible afin que les auditeurs puissent vraiment ressentir ce que j’ai ressenti en créant cette musique. Ce type d’émotion brute est ce qui relie les gens, car cela dépasse la langue et les origines. C’est cet espace que je veux continuer à explorer.