Quand Vitesse X revient avec un nouveau single, on s’attend naturellement à un frisson. Avec Memori, elle ne déçoit pas : c’est une immersion sonore presque cérémonielle, un pont fragile entre la vie et ce qu’il y aurait après.
La production — clairement ancrée dans la veine électronique — évoque les clubs enfumés et les rave-parties d’une autre époque, mais sous une lumière tamisée, presque funèbre. Le rythme hésite entre la transe et l’étreinte, alors que la voix flotte, aérienne, fragile — comme suspendue dans un espace hors du temps.
Les paroles, elles, explorent le flou entre existence et absence : “Memori” semble parler de ce moment vertigineux où l’ego s’efface, où le temps s’épuise, où la peur s’ouvre à la possibilité d’une autre forme de présence. Ce n’est pas tant une chanson qu’un rituel — une invocation de ce qui ne se voit pas, mais se ressent.
On se souvient alors de ce que Vitesse X avait amorcé avec This Infinite — un univers déjà hanté par la mélancolie et la recherche. Mais “Memori”, c’est moins un prolongement qu’une renaissance : plus brut, plus intime, plus “entre les mondes”.
Au fond, “Memori” ne répond pas ; elle invite. À lâcher prise. À s’abandonner. À ne plus compter les battements. À oublier le temps. Et — peut-être — à se réinventer.

