Avec It’s Called Love… It’s Called The Blues, le duo australien Wattmore signe une chronique sensible de l’usure sentimentale, loin des explosions dramatiques et des effets spectaculaires. Ici, l’amour ne s’effondre pas : il s’alourdit. Il reste. Et c’est précisément dans cette immobilité honnête que naît le blues.
Le morceau, coécrit avec la figure respectée de la scène australienne Allan Caswell, assume une économie de moyens presque militante. Pas de production clinquante ni de surenchère émotionnelle. La chanson avance à pas lents, laissant respirer chaque mot, chaque silence. Une approche qui rappelle que certaines vérités n’ont pas besoin d’être soulignées pour frapper juste.
Musicalement, Wattmore s’inscrit dans une tradition singer-songwriter nourrie d’alt-country et de blues, sans jamais tomber dans la citation appuyée. Les guitares sont chaudes, la rythmique retenue, et la voix semble moins chanter qu’avouer. On a le sentiment d’écouter quelqu’un qui parle parce qu’il n’a plus d’énergie à se cacher.
Ce titre ne cherche pas l’impact immédiat. Il préfère s’installer, se révéler au fil des écoutes, et accompagner ces moments calmes où l’on prête vraiment attention aux paroles. Fidèles à leur identité, les deux frères de Wattmore y glissent leur humour sec et leur maladresse attachante, masquant à peine des coups émotionnels bien réels.
It’s Called Love…It’s Called The Blues s’impose ainsi comme une pièce discrète mais tenace, de celles qui continuent de résonner longtemps après s’être tues.

