La nouvelle offrande de Beyond Disdain s’impose comme un miroir sombre tendu à une réalité en miettes. Le combo de Miami, fidèle à sa tradition rock dur teintée de mélodie, mêle guitares saturées et percussions insistantes à la voix aérienne de Selene Calder.
Dès les premiers accords, l’atmosphère se fait lourde, presque suffocante : les guitares bâtissent un mur sonore, tandis que la voix de Calder, fragile et puissante, semble vouloir traverser ce mur — comme un appel suffoqué. Les premiers vers, « They said the truth would save us / But the silence grew instead », portent un poids existentiel, interrogatif.
Le texte évoque un monde de miroirs brisés, de promesses éteintes, de trajectoires perdues — un décor d’abandon intérieur et collectif. Les « échos de nos choix » hantent les rues, tandis que l’humanité semble avoir enfoui ses rêves sous les cendres d’un futur qu’on a cru construire.
Musicalement, le contraste entre la densité instrumentale et la vulnérabilité vocale crée un effet cathartique : la peine, la colère et la mélancolie se mêlent pour offrir un exutoire intime. « What Have We Become » n’est pas seulement une chanson — c’est un cri, une confession, un aveu de désillusion.
Au final, Beyond Disdain compose un hymne à la perte — de repères, d’innocence, peut-être d’espoir — et transforme le désespoir en force. Un morceau à écouter quand le monde semble vaciller, pour mieux sentir le tremblement intérieur.

