Avec Mooreish, Whiskey General livre un album dense et habité qui s’inscrit avec assurance dans la tradition du rock britannique, tout en affirmant une voix profondément personnelle. Écrit et produit par Jay Serrao, frontman du projet, le disque privilégie l’émotion brute et la sincérité à toute forme d’esbroufe sonore.
Dès les premières secondes, The Beast impose une tension immédiate, rugueuse et directe, qui sert de socle à l’ensemble du disque. Cette énergie se prolonge sur Love Like a River, morceau politiquement engagé dont la montée finale, portée par le Zamar Gospel Choir d’Afrique du Sud, donne une ampleur collective et poignante au propos.
Plus fédérateur, Lions s’avance comme un hymne moderne, dopé par une section de cuivres ukrainiens aussi audacieuse que symbolique. Le morceau trouve un écho visuel fort dans son clip, renforçant cette impression de rassemblement et de mouvement. À l’inverse, Wind Up Toy Car ralentit le tempo et s’impose comme le cœur émotionnel de l’album, grâce à un solo de guitare expressif signé Jack Evans.
Mooreish explore également d’autres nuances : une touche pop sur Ride Or Die, une nostalgie lumineuse sur Wildfire, puis une conclusion intime avec In Memoriam, dédiée à Bob Moore, ami disparu et source d’inspiration majeure. Le titre de l’album prend alors tout son sens : quelque chose qui persiste, qui résonne, et dont on voudrait toujours un peu plus.
Avec des bonus tracks efficaces comme Shotgun, déjà largement remarquée en ligne, Whiskey General signe ici un disque cohérent, humain et taillé pour durer, confirmant une trajectoire artistique guidée par l’instinct et l’expérience plutôt que par les tendances.

