Oubliez le café, le collectif parisien Who Parked The Car vient de commercialiser la décharge d’adrénaline la plus efficace de l’année. Avec leur nouveau single « Sugar Rush », le groupe nous embarque dans une expérience sensorielle limite illégale, née de jam-sessions hebdomadaires où les sacs de bonbons ont visiblement remplacé les partitions classiques. Propulsé à une vitesse vertigineuse de 152 BPM, le morceau est une véritable détonation jazz-funk qui refuse catégoriquement de lever le pied.
C’est précisément ce qui arrive quand l’amour du groupe pour Louis Cole et Cory Wong se retrouve enfermé dans un studio avec beaucoup trop de sucre : une fusion turbo-compressée où la précision chirurgicale des guitares rencontre des lignes de basse au « pocket » impeccable. On y entend l’insolence cuivrée de Tower of Power et la décontraction contagieuse de Scary Pockets, le tout passé au mixeur d’une écriture résolument moderne. C’est brillant, c’est technique, mais c’est surtout d’une efficacité redoutable pour quiconque cherche un boost immédiat.
Pourtant, sous cette avalanche de notes, se cache une métaphore savoureuse sur le « faux remède miracle ». « Sugar Rush » est la bande-son officielle de ce moment précis où, après avoir englouti trop de sucreries ou cédé à un coup de foudre un peu trop intense, on se sent capable de soulever des montagnes avant de réaliser que notre propre corps vibre de manière incontrôlée. Le texte s’amuse de ce personnage qui insiste sur sa « robustesse » alors que ses oreilles bourdonnent et que ses joues s’empourprent, illustrant parfaitement cet état de surexcitation passagère.
C’est finalement l’hymne des cœurs qui battent trop vite et des esprits qui saturent, un instantané « goofy » et survolté d’une fuite en avant que rien ne semble pouvoir arrêter. Entre performance technique et autodérision, le collectif confirme sa place singulière sur la scène fusion actuelle. Une pépite d’énergie pure qui s’écoute en boucle dans vos playlists de sport ou pour vos matins difficiles, même si l’on sait d’avance que la redescente sera rude.

