Le nouveau single de Wotts, « He Spoke With Conviction », arrive comme une confidence glissée entre deux respirations. Le duo canadien poursuit la construction de son prochain EP COPE avec un titre qui se love dans un clair-obscur familier : celui où l’on s’invente des histoires pour continuer d’avancer, sans trop regarder ce qui vacille sous la surface.
La production de Jayem tisse immédiatement un univers brumeux. Les guitares s’étirent comme des souvenirs, les synthés analogiques vibrent avec une douceur presque tactile, et la batterie vintage installe cette impression de dérive contrôlée. L’ombre de Tame Impala ou Pond plane bien sûr, mais Wotts en fait quelque chose de profondément intime, une psych-pop qui ne cherche pas l’effet, mais le sentiment.
Jayem explique avoir voulu créer une zone intermédiaire, un lieu sonore où l’on flotte entre lucidité et illusion. Et c’est exactement ce que l’on ressent : une chaleur apparente, contrebalancée par un poids discret qui s’insinue dans les textures. On avance dans le morceau comme on traverse un rêve dont on ne sait plus si l’on veut sortir.
Pour Ricky 100, ce titre s’intègre naturellement au fil rouge de COPE : les mécanismes d’adaptation, ces façons parfois maladroites de composer avec le réel. FLANK! parlait de la perte ; COPE parle de l’après, de cette zone où l’on réapprend à marcher.
Avec « He Spoke With Conviction », Wotts ne cherche pas la résolution. Le duo préfère capter ce geste fragile : continuer malgré l’incertitude, chercher un appui dans la musique quand les mots ne suffisent plus. Une chronique sincère, portée par une production qui flotte et qui touche.

