Avec Yattokose, Remon Nakanishi poursuit son travail singulier autour des musiques traditionnelles japonaises en les confrontant à des esthétiques résolument contemporaines. Le titre, dévoilé fin janvier, s’appuie sur un chant de Bon originaire de l’île de Sado, transmis depuis des générations et étroitement lié aux rites estivaux de commémoration des ancêtres. Plutôt que de le figer dans une approche patrimoniale, le musicien choisit d’en révéler la vitalité.
Dès les premières mesures, Yattokose surprend par son énergie. Les cuivres, inspirés de la soul américaine et de l’esprit Motown, côtoient des lignes mélodiques qui évoquent les bandes originales de westerns italiens, dans une atmosphère rappelant parfois Ennio Morricone. Ce croisement inattendu confère au morceau une dimension presque cinématographique, tout en respectant l’essence rythmique du min’yō.
Le refrain, porté par les voix de Suzumeno Tears, apporte une douceur contrastée qui équilibre la tension instrumentale. La production, confiée à Agatha, confirme une complicité artistique déjà éprouvée, tandis que le travail d’ingénierie sonore de Kohsuke Nakamura garantit une clarté et une ampleur remarquables. Nakanishi signe également l’artwork, prolongeant son univers visuel jusque dans les moindres détails.
Plus qu’un simple single, Yattokose inaugure une série de sorties mensuelles qui mèneront à un deuxième album annoncé comme un jalon important de sa discographie. Une trajectoire suivie de près par une scène indépendante japonaise en quête de nouvelles passerelles entre héritage et création.

