Chaque année le Carmignac Photojournalism Award permet à un photojournaliste d’entreprendre une enquête sur les régions où les droits de l’homme sont bafoués. De février à juin 2016, le gagnant de la septième édition, Narciso Contreras s’est rendu en Libye pour réaliser un documentaire traitant du sujet.  Avec l’aide des organisateurs du prix, il a dévoilé un condensé de son travail dans une exposition accompagnée d’une monographie qui donne également une idée sur la crise humanitaire que traverse le pays. Les 32 photographies qui composent l’exposition sont présentées à la galerie Saatchi de Londres jusqu’au 16 juin prochain. Courez-y si vous êtes dans le coin.

Le style hautement narratif, dramatique et franc du photographe mexicain nous permet de vivre avec les sujets, les souffrances humaines dans ces zones de conflit largement oubliées par les médias occidentaux.

Six ans après la chute de Khadafi et les espoirs suscités par la révolution, la Libye est livrée à un gouvernement peu démocratique et des groupes de milices rivaux qui prévalent sur les règles de droit. Le pays fonctionne désormais comme une zone de transit, un couloir essentiel pour les migrations et les trafics de masse entre l’Europe et l’Afrique.

Le photographe a observé des centres de détention dans lesquels les migrants étaient retenus à l’image de ce qui se fait dans les pays du sud de l’Europe. Alors que les autorités de Tripoli en autorisent l’accès aux médias sous prétexte d’illustrer la crise migratoire, la réalité est selon Contreras encore plus sombre et indigne puis qu’il existe des espaces insalubres dans lesquels sont entassés des humain sans oublier le trafic d’êtres humains. « Des situations d’esclavage se sont formées au point où des humains sont devenus des commodités. Ceux qui sont détenus sont parfois vendus par ces centres dans un marché noir très lucratif… «  – déclare-t-il.