Avec Knight Mare on Yelm Street, Jess Grant signe une satire rock aussi acerbe que jubilatoire. Derrière un titre clin d’œil aux frayeurs hollywoodiennes et à la petite ville de Yelm (Washington), fief de la gouroute JZ Knight, l’auteur-compositeur américain livre un morceau théâtral, électrique, et viscéralement engagé.
Le son ? Un retour grunge assumé, aux guitares distordues et aux riffs groovy comme un vieux vinyle de Soundgarden. La production, millimétrée mais jamais lisse, rappelle l’âge d’or de Seattle, ce moment suspendu où la rage trouvait refuge dans les amplis saturés. Ben Smith (batteur de Heart) apporte une frappe dense, nerveuse, qui ne lâche rien.
Mais là où le morceau prend toute son ampleur, c’est dans le texte. Avec une plume affûtée, Jess Grant décoche ses flèches contre les figures de la manipulation spirituelle : JZ Knight bien sûr, mais aussi Joseph Smith ou L. Ron Hubbard. C’est moqueur, parodique, parfois absurde — mais toujours lucide. Il y a du courage à écrire une chanson comme celle-ci. À mettre en musique la critique d’un business ésotérique qui transforme la crédulité en fonds de commerce.
Drôle en surface, brûlant en profondeur, Knight Mare on Yelm Street secoue autant qu’il amuse. C’est là toute la force de cette chanson : faire gronder les amplis pour réveiller les consciences. Une satire nécessaire, portée par un groove ravageur.


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