Sur une scène musicale où les influences s’entrechoquent, Asha Maclean parvient à tisser un fil singulier, à la fois nostalgique et résolument moderne. Avec « Yoga », la chanteuse née à New York propose bien plus qu’un simple morceau aux accents pop-R&B : elle livre un instant suspendu, une respiration dans le tumulte des sentiments.
Dès les premières mesures, on est saisi par cette voix soyeuse, presque liquide, qui glisse sur une production vibrante, mêlant textures électroniques et rythmiques pulsées. Il y a du Janet Jackson dans la retenue sensuelle, du Beyoncé dans l’énergie contenue, et un soupçon de G-Funk revisité dans le groove feutré. Mais Asha ne se contente pas d’imiter. Elle imprime sa propre marque, pleine de finesse et d’élan.
Le thème est limpide : l’amour dans ce qu’il a de plus instable, ses pics d’euphorie, ses creux vertigineux — tout cela exprimé comme une posture de yoga difficile à maintenir. Trouver l’équilibre dans le déséquilibre, tenir la pose malgré les doutes. Une métaphore simple mais efficace, qui résonne chez celles et ceux qui aiment avec intensité.
Avec “Yoga”, Asha Maclean affirme un peu plus son identité artistique, entre héritage et réinvention. Et si le morceau séduit par sa forme, il accroche surtout par ce qu’il raconte : ce moment précis où l’on vacille, mais où l’on choisit malgré tout de rester debout.

