Avec « Volver al aire », Yo signe une œuvre qui dépasse le simple cadre d’un single. Cette chanson, placée au cœur de son nouvel album Carmina Alegría, est née d’un moment intime et bouleversant : la disparition de sa grand-mère le 1er juin 2025. Celle-ci avait autrefois rêvé d’une carrière sous le nom de scène Carmina Alegría, projet resté inachevé. En lui consacrant un disque entier, Yo transforme ce rêve suspendu en réalité sonore, redonnant souffle à une voix qui n’avait jamais trouvé son espace.
Dès les premières notes, « Volver al aire » impose une atmosphère singulière. Le morceau se déploie comme un dialogue théâtral entre la Mort et celle qui s’apprête à partir, installant une intensité dramatique rare. Les nappes de synthétiseurs enveloppent l’auditeur d’une aura presque mystique, tandis que l’harmonie lumineuse installe un climat à la fois fragile et transcendantal. C’est un morceau qui respire l’éther, sans jamais perdre son ancrage émotionnel.
La voix soprano de Yo agit comme une prière suspendue. Chaque montée vocale transforme le refrain en un acte liturgique, où l’intime rejoint le sacré. Dans ce chant, on entend autant la douleur que la résilience, une manière de dire au monde que la mort n’est pas une fin mais une métamorphose. La dimension néoclassique s’entrelace à des touches d’ambient pop, créant une passerelle entre tradition et modernité.
Ce qui frappe dans « Volver al aire », c’est sa capacité à transformer la perte en lumière. Yo ne se contente pas de composer une élégie : il invente une renaissance. L’album Carmina Alegría prend alors tout son sens, celui d’un legs sonore où mémoire et création se confondent. Au travers de cette pièce centrale, Yo réussit à inscrire l’histoire de sa grand-mère dans une postérité musicale, offrant au deuil la beauté d’une résonance éternelle.

