Avec Thoughts Are Like Clouds, Tōth signe un morceau à la fois joueur et profondément introspectif, fidèle à cette ligne singulière qu’il trace depuis plusieurs années entre pop expérimentale et quête intérieure. La chanson s’avance comme une ode décalée à la méditation, portée par une écriture en flux de conscience qui assume ses hésitations, ses répétitions et son humour faussement désinvolte.
Dès les premières lignes, le chanteur compare ses pensées à des nuages traversant le ciel de son esprit, une image simple mais chargée de sens, répétée presque avec ironie. Derrière cette légèreté apparente, le morceau révèle une tension plus fragile : celle d’un narrateur qui tente de lâcher prise sans réussir totalement à se détacher. Le refrain, soutenu par des batteries nerveuses et des pianos grinçants, explose dans une supplique directe — « I don’t want you to walk out on me » — comme un rappel brutal à l’attachement humain.
Musicalement, Tōth joue sur les contrastes : une production organique, presque brute, qui accompagne l’instabilité émotionnelle du texte. La voix, volontairement imparfaite, renforce cette sensation de sincérité à vif. Inspirée par des expériences personnelles liées à la sobriété et à la pratique méditative, la chanson illustre une idée chère à l’artiste : la spiritualité ne fonctionne que si elle reste vivante, imparfaite et, surtout, humaine.
Avec Thoughts Are Like Clouds, Tōth transforme la sagesse universelle en pop introspective, légère en surface, mais profondément habitée.

