Dans le paysage des musiques expérimentales contemporaines, Quinn Collins signe avec Precious and Intelligent Metal une œuvre qui intrigue autant qu’elle captive. Pensé comme une pièce en cinq mouvements pour quatuor de percussions et électronique pré-enregistrée, le projet s’écoute comme un récit sonore lentement déployé, presque tactile, où chaque vibration semble respirer et évoluer dans l’espace.
L’univers du disque s’inspire librement de Trout Fishing in America, roman culte de Richard Brautigan. Cette influence se ressent dans la construction fragmentée du projet, comme une succession d’instantanés reliés par une logique émotionnelle plus que narrative. Le compositeur privilégie les métaux accordés et objets résonants : vibraphone, glockenspiel, dulcimer frappé, toy piano ou encore tuyaux métalliques. À cette matière acoustique s’ajoutent des nappes électroniques microtonales et des drones graves issus de textures d’amplis, brouillant volontairement la frontière entre musique, bruit et atmosphère.
Dès « And Trout Fishing in America said… », l’auditeur est happé par un halo lumineux où scintillements et profondeurs résonantes coexistent avec naturel. « Another Method of Making Walnut Catsup » injecte ensuite une vitalité plus vive, presque physique dans sa pulsation. Puis « The Mayonnaise Chapter », en guise de final, installe une hypnose nocturne lente et fascinante. Collins offre avec ce projet une palette large de son talent et laisse présager de belles choses pour l’avenir.
Avec cette œuvre dense et sensorielle, Collins propose une expérience immersive, située entre musique de chambre contemporaine, minimalisme électronique et art sonore exploratoire. Le projet s’impose comme une belle découverte, une parenthèse musicale de qualité qui vous donnera de plonger encore plus en profondeur dans le catalogue musical de Quinn Collins.

