Dix ans. Il aura fallu attendre une décennie pour que William Hut offre un nouvel album sous son nom. Avec Eternal Pieces, l’artiste norvégien revient sans fracas, mais avec une intensité feutrée qui marque durablement.
Écrit, produit et enregistré dans son propre studio — conçu durant la pandémie — ce disque de 12 titres est bien plus qu’un simple retour : c’est un acte d’indépendance artistique. Hut y a tout façonné lui-même, jusqu’à l’identité visuelle et aux lyric videos. Une démarche artisanale qui épouse parfaitement le propos du projet : faire face au doute, au monde en tension, et transformer l’incertitude en matière sonore.
Dès l’ouverture avec “It Was Only Me”, le ton est donné. La voix, toujours aussi reconnaissable, se pose avec une fragilité maîtrisée. Il y est question d’imperfection, de responsabilité, d’authenticité. Plus loin, “You Can’t Stop” capte le vertige d’une époque instable, tandis que “River’s Flood” explore la reconstruction intérieure. “Hold On To Love”, lui, agit comme une lueur douce dans un climat polarisé.
On retrouve cette chaleur atmosphérique qui a façonné son parcours depuis Poor Rich Ones, formation récompensée aux Spellemann Awards, mais avec une clarté nouvelle. Les textures évoquent parfois Bon Iver ou Sufjan Stevens, sans jamais diluer son identité.
Avec Eternal Pieces, William Hut livre son album le plus humain, le plus direct. Un disque qui ne cherche pas à impressionner, mais à toucher — et il y parvient avec une élégance rare.

