La trajectoire de ffogg impose un respect immédiat. Ce trio familial, porté par George Khan, Oliver Khan et Fraser Moran, semble avoir trouvé l’équilibre parfait entre la rigueur de leur quotidien de vétérinaires et la liberté absolue de l’indie pop. Leur dernier single, « Little of Me », lancé ce 6 mars, en est la preuve éclatante.
Le morceau s’impose d’emblée par sa brièveté audacieuse : deux minutes seulement. Mais quelles minutes ! Là où d’autres s’égarent dans des arrangements superflus, ffogg va droit au cœur. La production, confiée à l’orfèvre Charlie Hugall (déjà remarqué chez Florence and the Machine), apporte cette patine organique qui fait souvent défaut à la scène alternative actuelle. C’est propre, nerveux, et diablement accrocheur.
Le texte explore cette sensation douce-amère de laisser une part de soi derrière chaque rencontre, chaque lieu traversé. La voix, portée par une mélodie solaire, cache une mélancolie pudique qui rappelle les plus belles heures de la pop britannique. On y retrouve une insouciance salvatrice couplée à une maîtrise technique qui ne cherche jamais à épater la galerie.
« Little of Me » ne révolutionne pas le genre, il fait mieux : il le réenchante. ffogg signe ici une vignette sonore lumineuse qui reste en tête bien après que le silence soit revenu. Une petite dose de bonheur brut, à consommer sans modération en attendant leur prochain passage sur scène.

