Dans un paysage musical souvent saturé par l’artifice numérique, Henry Aberson impose une respiration nécessaire. Avec son dernier single, intitulé « Call », le batteur et producteur originaire de Tulsa confirme son statut d’orfèvre du rythme et de l’ambiance. Ce morceau n’est pas qu’une simple composition R&B ; c’est une immersion sensorielle dans ce que le Neo-Soul a de plus organique à offrir.
Dès les premières mesures, la signature d’Aberson frappe par sa précision chirurgicale, mais toujours habitée. La batterie, feutrée et profonde, installe un groove hypnotique qui laisse tout l’espace nécessaire aux collaborations vocales de Derran Day et aux textures de piano de Korey Keys. Ensemble, ils tissent une toile sonore qui rappelle l’âge d’or du mouvement « Quiet Storm », évoquant la sensualité feutrée d’un Maxwell ou la sophistication harmonique de D’Angelo.
La force de « Call » réside dans sa capacité à paraître intemporel. On y ressent la chaleur de l’instrumentation réelle et la vulnérabilité d’une interprétation sincère. Aberson ne cherche pas l’efficacité immédiate du tube radio ; il privilégie la texture, le silence entre les notes et la progression émotionnelle. C’est une invitation au lâcher-prise, une bande-son idéale pour les heures bleues où le temps semble se suspendre.
En unifiant jazz, soul et une touche de modernité urbaine, Henry Aberson signe ici une pièce maîtresse de sa discographie. « Call » est plus qu’une chanson, c’est une promesse tenue : celle d’une musique qui a encore une âme.

