8,5 / 10
Figure incontournable du renouveau de la scène breakbeat et drum’n’bass, la productrice et chanteuse britannique Nia Archives a fait un retour marquant avec son deuxième album studio, Emotional Junglist. Faisant suite à son premier opus Silence Is Loud, ce projet de quinze pistes s’impose comme un véritable manifeste artistique, taillé pour explorer les montagnes russes de l’amour et de la vulnérabilité.
L’album se structure narrativement en deux mouvements distincts. La première moitié capture l’euphorie haletante et l’excitation des sentiments naissants, portée par des rythmiques percussives et des guitares incisives évoquant l’âge d’or de l’indie rock des années 2000 – à l’image des morceaux Danger ou Around Tha Bend. La seconde partie bascule progressivement dans la tempête émotionnelle et le deuil amoureux, ralentissant le tempo pour laisser place aux doutes et à une introspection poignante (Tha Darkest Hour, Almost Always).
Pour façonner cette fresque sonore, l’artiste s’est entourée de collaborateurs de prestige tels que le producteur James Ford (connu pour son travail avec les Arctic Monkeys), Ethan P. Flynn ou encore la compositrice Julia Michaels. L’album s’enrichit également de featurings remarqués, comme la voix vaporeuse de Jorja Smith sur Get Me Down et la sensibilité de Sampha sur le titre Tender.
En fusionnant l’urgence brute de la jungle des années 90 avec la mélancolie de la pop alternative, du trip-hop et des accents emo-pop, Nia Archives réussit le pari audacieux d’élargir le spectre de sa musique. Loin de se cantonner aux codes d’un genre traditionnellement masculin, elle « féminise » et modernise la culture club avec une touche générationnelle évidente. Avec Emotional Junglist, la jeune prodige confirme qu’elle est bien plus qu’une simple DJ : elle s’affirme en tant que conteuse hors pair et véritable icône de la pop électronique moderne.

