Dans un monde saturé de visages filtrés et de présences numériques traçables, Lara Young nous offre une bouffée d’air pur avec « Josh of the Jungle ». Ce dernier single n’est pas qu’une chanson : c’est le vestige d’une époque pré-Instagram, un mythe personnel transformé en mélodie. Lara y explore l’absence de trace numérique d’un ancien amant, le reléguant au rang de légende dans sa propre mémoire.
Capturé aux Hope Mill Studios de Manchester, le morceau n’était initialement qu’une prise de répétition. Pourtant, c’est cette imperfection brute, dépouillée de tout autotune, que l’artiste a choisi de conserver. On y retrouve l’âme des chanteurs de blues du Delta et l’authenticité des soirées folk britanniques, où seule la voix compte. C’est une œuvre dépouillée, simple, fidèle à l’esthétique du Greenwich Village des années 70.
Lara, tour à tour directrice de cinéma, écrivaine-voyageuse et aujourd’hui célébrante de mariages, puise dans sa vie « incohérente » pour tisser des récits. « Josh of the Jungle » raconte cette idylle vécue jadis sur une île tropicale avec un homme dont elle ignorait jusqu’au nom de famille. Puisque Josh est introuvable sur Google, il appartient désormais au folklore musical, une histoire vraie devenue une fiction chantée.
Alors qu’elle consacre ses journées à écrire les « fins heureuses » des autres lors de cérémonies, Lara distille ses propres chapitres amoureux dans des chroniques folk-blues savoureuses. Comme le disait son père : « La vie n’a pas à être ennuyeuse ». Avec ce titre organique et solaire, elle prouve que même un ex-petit ami évanoui dans la nature peut devenir une aventure inoubliable.

