Le phénomène Kneecap continue de secouer le paysage musical mondial. Porté par l’enthousiasme débordant d’une presse internationale unanime, le trio de Belfast livre avec FENIAN un deuxième album très attendu. Pourtant, face aux louanges généralisées, l’emballement médiatique semble quelque peu disproportionné. Si le disque possède d’indéniables qualités, le concert de notes maximales occulte les limites évidentes des interprètes au micro.
Le coup de génie de FENIAN réside sans conteste dans sa production. La composition des instrumentaux s’impose comme la force absolue du projet. Aux manettes, Dan Carey façonne une architecture sonore remarquable, collision frontale entre un hip-hop crasseux, une techno industrielle lourde et des pulsations acid house électriques. Les beats sont percutants, inventifs et d’une efficacité redoutable, injectant au disque une urgence viscérale. Musicalement, l’album dégage une atmosphère sombre et captivante qui saisit l’auditeur dès les premières secondes.
Malheureusement, la dynamique s’essouffle dès que les voix s’imposent. Face à des productions d’une telle envergure, les performances de rap pur manquent cruellement de relief. Les flows se révèlent linéaires, prévisibles et, au final, assez banals. Le trio peine à se renouveler techniquement, s’enfermant souvent dans des schémas rythmiques répétitifs et des livraisons monocordes qui finissent par lasser sur la longueur. Si l’usage du gaélique apporte une vraie force culturelle, il ne suffit pas à masquer le manque d’agilité et de technicité vocale.
Au final, FENIAN est un solide album de punk-rap, sublimé par des instrumentations phénoménales mais freiné par les limites de ses rappeurs. Au vu de ce contraste flagrant, le juste milieu s’impose.
Notre Note : 7.5 / 10

