Il est des albums qui s’écoutent comme on feuillette un carnet intime. What a Dream it is, le premier opus solo du pianiste et interprète parisien Alexandre Laugier, appartient à cette précieuse catégorie. Révélé au fil de dix pistes habitées, ce projet se déploie comme une fresque théâtrale et cinématographique retraçant les vertiges d’une passion amoureuse.
La pièce maîtresse éponyme, « What a Dream it is », ouvre le bal avec une douceur onirique captivante. Derrière son piano, la voix de crooner moderne de Laugier dialogue organiquement avec son quartet. Le voyage se poursuit avec l’envoûtant « Get Lost in your arms », où la batterie et la contrebasse installent un groove feutré propice à l’abandon amoureux. Mais l’amour a ses failles, et l’artiste y insuffle une brillante dimension dramaturgique issue de sa formation au Cours Florent. C’est ainsi que le poignant « Tell me » fait basculer le récit dans la mélancolie des non-dits, porté par un saxophone et une flûte d’une sensibilité rare.
Dans cette esthétique acoustique chaleureuse, Laugier revendique l’élégance de Frank Sinatra tout en injectant l’efficacité mélodique de la pop contemporaine, rappelant l’onirisme de La La Land. Loin d’un jazz technique et impersonnel, l’album vibre d’une authenticité brute portée par des proches et mentors.
What a Dream it is s’impose finalement comme une œuvre introspective et lumineuse, un hommage vibrant au pouvoir de la résilience et à la recherche de la paix intérieure. Une entrée en matière magistrale pour un artiste complet.

