Huit morceaux gravés sur bande en une seule semaine. C’est dans cette urgence créative que les six musiciens de Darmstadt ont façonné Under the Weather, leur superbe deuxième album. La formation allemande signe un disque organique et vibrant, né de l’instinct et de prises rythmiques capturées sur le vif, mêlant habilement guitares entrelacées, racines folk et textures psychédéliques qui raviront à coup sûr les fans de The War on Drugs ou de Jason Isbell.
L’album explore subtilement les espaces intermédiaires, ces zones floues où les certitudes vacillent et les personnages se croisent. L’ouverture cinématographique, « Return », installe idéalement ce décor en plongeant l’auditeur dans une mélancolie intense grâce à sa délicate séquence initiale au piano, avant que l’électricité rock ne reprenne ses droits.
Plus loin, le titre phare « Phoenix », propulsé par un riff entêtant et une rythmique incisive, suit la trajectoire d’un être que sa propre curiosité égare. Le groupe y refuse le jugement facile, cherchant plutôt à comprendre le point de rupture de nos trajectoires ordinaires. C’est la grande force du disque : capturer la fragilité humaine sans fard.
Entre aux pépites de ce projet, le captivant « Ghosted » s’impose comme une pièce maîtresse. Porté par un tempo stable d’une efficacité redoutable et des influences alternatives évidentes, le morceau entrelace des harmonies vocales d’une grande richesse et des paroles profondément introspectives sur la distance physique et émotionnelle.
Sans apporter de réponses simplistes, Electric Horseman livre une œuvre d’une immense humanité, une chronique brute qui résonne en nous longtemps après la note finale.

