Il est rare qu’un premier single frappe avec une telle évidence. Avec Rainbows, le quatuor Montelimar, originaire de Tyneside, ne se contente pas de présenter une simple carte de visite ; il impose une identité sonore déjà mature et affirmée. Enregistré au Blank Studios de Newcastle sous la houlette de John Martindale, ce titre capte cette alchimie précieuse : celle de quatre musiciens dont l’interaction organique transpire dans chaque note.
Construit autour de guitares douze cordes aux reflets cristallins et d’harmonies vocales travaillées, le morceau se déploie comme une véritable respiration. Aeron Corbett, au cœur de cette création, nous guide à travers des couplets hypnotiques, presque confessionnels, avant de basculer progressivement dans un climax euphorique. Cette dynamique, qui culmine par un silence aussi soudain qu’audacieux, souligne la tension émotionnelle du texte : une quête d’espoir nichée dans les méandres du quotidien.
Si l’on perçoit ici et là l’héritage mélodique du songwriting britannique, convoquant l’esprit de Radiohead ou la grâce atmosphérique de Real Estate, Montelimar refuse la nostalgie facile. Le groupe injecte à sa pop une touche psychédélique contemporaine, rendant l’ensemble résolument moderne plutôt que passéiste.
Plus qu’une simple introduction, Rainbows agit comme le prologue d’une œuvre plus vaste, déjà prête à éclore. Tandis que le groupe peaufine son premier EP, ce premier jet confirme une chose : Montelimar est une formation à suivre, armée d’une intensité rare et d’une maîtrise instinctive de l’espace sonore. Une entrée en matière aussi éphémère que lumineuse.

